frédérique dimarco
i confini del tempo
Ville méditerranéenne de la Côte d’Azur à la frontière de l’Italie, Menton apparaît comme un territoire suspendu entre mer et montagne, traversé par la lumière, la mémoire et le temps. Marquée par des influences italiennes, françaises et britanniques, la ville porte les traces d’un héritage qui se lit dans ses jardins, ses villas, ses palaces et ses paysages. Avec I confini del tempo, Frédérique Dimarco, auteure ayant des racines italiennes, propose un portrait sensible du lieu, réalisé au Polaroid avec des appareils anciens.
Ce travail est empreint d'une histoire personnelle. La famille de l'artiste entretient depuis plusieurs générations un lien avec Menton : le territoire devient un espace habité de réminiscences. Photographier ces paysages revient alors à explorer la mémoire familiale autant que la mémoire du lieu.
Les jardins emblématiques — Serre de la Madone, Carnolès, Val Rahmeh, Fontana Rosa, les Colombières, Maria Serena — , les villas, les ruelles, le vieux cimetière dominant la mer, les paysages méditerranéens et les scènes du quotidien n’apparaissent plus que comme des souvenirs qui résistent avant de s’effacer.
L’ensemble rassemble des images altérées, effacées, parfois abstraites. Accidents chimiques, dérives de couleurs, artefacts : ces transformations deviennent la matière même du travail. Les lieux semblent émerger d’une mémoire fragile avant de disparaître à nouveau. L’image ne documente plus ; elle devient trace, apparition, vestige.
Dans I confini del tempo, les contours vacillent, les images s’effacent, la lumière engloutit parfois les formes. Ne demeurent que des fragments, comme des souvenirs au bord de l’oubli.


















